Des militants de gauche, des écologistes et Périco Legasse : vive la crise! Partie 2

Partie 1 (mis à jour 26/08/15)

Partie 3

Je continue l’analyse de l’article de Périco Legasse, l’occasion de parler un peu des modèles agricoles dans l’Histoire récente.

1950- 1992 : une véritable révolution agricole

On a vu précédemment que ce modèle était donc assez en retard au niveau de l’organisation le rendant peu productif tant au niveau des rendements agricoles qu’au niveau financier (revenu des agriculteurs) par rapport à nos voisins européens. Le gouvernement amorce donc une révolution agricole à la sortie de la guerre (où il y avait des pénuries et du rationnement).

Première vérité : oui cette révolution a été soutenue par des syndicats comme la FNSEA (mais aussi les jeunesses catholiques, les élus ruraux…) en vantant l’amélioration des rendements, la baisse de la charge de travail (augmentation de la productivité du travail c’est non négligeable vis à vis des conditions de travail de l’époque) et l’amélioration du niveau des revenus. Était-ce donc un mensonge? Pas vraiment car les résultats ont été à la hauteur (FAOSTATS). La production en volumes a augmenté ainsi que la productivité du travail : on divise par 6 la population agricole de 1955 à 2010 ( tout compris chefs d’exploitation, actifs familiaux, salariés permanents). Cette agriculture reste alors majoritairement familiale jusqu’à nos jours, les exploitations de plus de 20 ha deviennent la norme.

-On procède à un grand désenclavement des régions (fin du localisme 😉 ) via le déploiement des transports (le train) et les camions.

-La biodiversité au niveau des plantes cultivées et des animaux est réduite (attention au niveau des variétés-population , ça ne veut pas dire qu’elle disparait, il faut nuancer ce concept qui a plusieurs échelons!), l’agrofourniture (aliments pour bétail) se développe. L’industrie de la chimie  se constitue (et les semences) et on encourage à l’achat d’intrants auprès de l’industrie. La vente des produits transformés et leur conservation s’accroit via l’industrie agroalimentaire.

Les systèmes de production se spécialisent donc : cela signifie qu’on brise le modèle polyculture-élevage en introduisant une segmentation dans les systèmes de production.  Les exploitations doivent  se réapprovisionner en intrants auprès des industries (phytosanitaires, agroéquipement, entreprise de semences et de sélection génétique), il n’y a plus de complémentarité entre cultures et entre cultures et élevage. Les régions se spécialisent (porcs en Bretagne, grandes cultures dans le bassin parisien).

-En économie cela est soutenu par la théorie des avantages comparatifs de Ricardo : une région a plus d’intérêt à se spécialiser dans le domaine où est le plus efficace pour échanger avec d’autres.

-Au niveau agronomique, cela se justifie par le milieu topographique, le contexte climatique, pédologique (les sols), la disponibilité des terres agricoles et la présence de débouchés et d’un bassin d’approvisionnement. Ainsi, si on veut que les régions redeviennent autonomes (= retour du localisme) en alimentation comme le propose EELV ou Chantal Jouanno (c’est à dire à peu près tous les produits alimentaires pour un régime équilibré) : un petit calcul pour la région Ile-de-France. Cela donc semble compliqué et impossible techniquement sans sacrifier les rendements et la diversité de l’alimentation (je reviendrai plus tard sur l’agriculture urbaine pour nuancer ce point de vue).

La critique légitime n’est donc pas tant sur un modèle industrialisé (un peu exagéré notre modèle agricole reste très familial et de taille moyenne contrairement à ce qu’on peut voir au Brésil), mais sur une logistique industrielle. C’est à dire qu’on applique l’organisation du Taylorisme et du Fordisme à l’agriculture : division horizontale du travail entre régions et exploitations, division verticale du travail avec industrie amont et aval, séparation des tâches de conception, de mise au point, de diffusion et d’utilisation des nouveaux moyens de production et des itinéraires techniques. Remis en perspective avec les tendances actuelles, on comprend alors tout de suite pourquoi la vente directe est contraire à ces principes. Par ailleurs, ces principes de division du savoir et du travail sont hérités de la pensée des Lumières (à méditer par rapport au désir de retour au passé).

Le capital s’est considérablement accru avec l’augmentation de la surface des exploitations. La mise en place de la politique agricole commune au sein du marché commun a apporté la garantie des prix (sécurité des investissements) et a favorisé l’adoption des nouvelles techniques et moyens de production. On obtient au final un emploi optimum des moyens de production (foncier, emploi, capital) et le transfert des actifs non-compétitifs vers l’industrie (en gros l’exode rural avec développement d’une économie industrielle) et les services, voir FAO.

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Suite à ce rappel, je n’aime donc pas vraiment ce discours sensationnaliste et catastrophiste en désignant un « coupable » c’est vraiment raisonner de façon complotiste comme si un jour la FNSEA s’était réveillée en ayant l’idée « d’industrialiser » pour le plaisir… Cela correspondait à une demande et un besoin de la part des paysans et on ne peut pas non plus reprocher aux politiques de l’avoir fait vu la sociologie de l’époque. Ils avaient fait la même chose sous Méline. C’est donc un peu simpliste.

De là à dire que la politique actuelle de la FNSEA va dans le bon sens, c’est un autre débat. Pour ceux qui ont des opinions tranchées sur ces questions, je rappelle qu’en logique : dire que A est probablement moins meilleur que B, ça ne signifie pas que B est meilleur que A. La réalité est toujours nuancée et complexe.

En fait,  le plus gros vient après, Périco Legasse fait un point Godwin en version agricole en se référant au plan vert d’Hitler. Ce dernier (et avant lui Guillaume II) aurait prévu que la France devienne le garde manger du IIIème Reich en imposant les réformes nécessaires à ce rêve (et du coup la spécialisation régionale). Le plan Schumann aurait ensuite repris ce projet. Cette théorie est avancée par le Centre virtuel de la construction européenne ci-dessus, la formulation repose tout autant sur la rhétorique des coupables et ne repose sur aucune données agricoles et techniques pour infirmer l’efficacité de ce « plan ». En l’absence d’autres sources non trouvées, je reste donc très sceptique sur son existence réelle.

Il s’agit sensiblement d’une figure de rhétorique de sa part. On appelle ça un Homme de Paille. C’est à dire que votre position déforme et rend grotesque la position de vos contradicteurs, à dessein ou pas. Et au final vu les progrès incontestables (FAOSTATS) de la productivité à l’hectare et par travailleur sur cette période pour nourrir le pays et l’Europe, est-ce vraiment important?

Enfin, il faut savoir que cette révolution agricole n’aurait pas pu se mettre en place sans la constitution de centres de recherche nationaux de renommée internationale tels que l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) pour assurer une évaluation des risques rigoureuse et une recherche agronomique non soumise aux intérêts privés (le privé a aussi ses instituts techniques – ils furent également encouragés- mais il se positionne souvent sur quelques niches). C’est pourquoi sa remarque sur les « gourous de l’INRA » n’a rien à faire ici : il assimile cela à une croyance alors qu’ils ont surtout proposé des solutions scientifiques et techniques par rapport à la problématique de l’augmentation des rendements, c’est donc un amalgame assez grave entres faits scientifiques et courants de pensée. Et en plus il mélange production de connaissances et développements industriels qui ne sont pas du ressort des chercheurs du public (ils peuvent proposer ou analyser une transposition industrielle dans le cadre d’un partenariat). Cette stigmatisation anxiogène induit la méfiance envers l’expertise, notre société l’est déjà assez, il n’y a pas besoin d’en rajouter. Ensuite, si la République « a merdé » (on a vu que c’était faux), encore faut il préciser exactement sur quoi et se baser sur des faits. Ses amalgames et invectives sur  « l’ennemi allemand » et la recherche démontrent surtout un manque d’argument, il est plus facile d’insulter et de rechercher des coupables.

Le reste des commentaires sur cette Révolution agricole est assez étonnant (la chimie c’est mal, on leur vante la réduction du temps de travail etc), faudrait-il que les agriculteurs se tuent à la tâche? De plus en plus, surtout chez les jeunes agriculteurs, il y a une demande de réduction de la charge de travail, de vacances, de jours de congé. On n’a plus le même mode de vie! C’est d’ailleurs une incohérence avec la promotion de l’agriculture biologique ou plus écologique : nécessité de plus de main d’œuvre, mais il sera difficile de faire revenir les jeunes à la terre si ce n’est pas assez attractif… Il semble ignorer aussi l’explosion de la démographie en 50 ans et qu’on sera 9 milliards en 2050. Sans négliger le gaspillage et le contrôle de la production, il faut dans tous les cas produire plus. Il ne s’agit pas de chercher à exporter notre production dans le monde (n’empêche nous aussi la population va un peu augmenter), mais à contribuer au marché mondial par une augmentation de la production de céréales par exemple à 44%. Un marché mondial est une forme de mutualisation des risques car il met à l’abri l’ensemble des pays des aléas climatiques.

Toute la trame de sa réflexion se base en fin de compte sur un prétendu mensonge des performances économiques du modèle agricole, comme si tout avait été prévu et organisé depuis le début.  La science économique que je sache n’est pas exacte.

Par contre quand on constate que ça ne marche plus on change : ce sont des choix politiques. Les retombées n’étaient surement pas prévues et la suite des évènements montre surtout des réformes successives pour tenter de corriger les défauts. Si ces réformes sont guidées par l’idéologie, cela se fait sur le moment, mais de là à croire que la cause première de la modernisation a conduit à la crise d’aujourd’hui, c’est une erreur de logique ou de raisonnement. Il ne doute pas de la bonne foi, mais il ne peut pas s’empêcher d’accuser, ça peut induire de la confusion dans l’esprit du lecteur. Finalement, cette position repose sur une faille logique assez courante qu’on appelle un Non Sequitur, à savoir que la conclusion ne découle pas logiquement des arguments.

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A propos Thiloup

Ingénieur agronome urbain, j'ai été plongé dans le bain de la campagne et du jardinage dès mon plus jeune âge dans le Limousin. Critique par rapport aux croyances de notre temps, j'essaye d'analyser des sujets de société relatif aux sciences du vivant en justifiant au mieux mes affirmations. Il y a aura peut être un peu de politique aussi sur ce blog et donc vous pourrez voir aisément les articles en ce sens pour les différencier des articles de fond sur un sujet.
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10 commentaires pour Des militants de gauche, des écologistes et Périco Legasse : vive la crise! Partie 2

  1. coupedestalus dit :

    Bonsoir,
    ces deux billets sont vraiment intéressants et devraient être lus par tous ceux qui, comme moi, s’intéressent à l’agriculture 🙂

    Je désire savoir sur quoi vous fondez l’affirmation « ces principes de division du savoir et du travail sont hérités de la pensée des Lumières (à méditer par rapport au désir de retour au passé). »

    Merci !

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    • Thiloup dit :

      Bonjour,

      Merci pour votre commentaire ça fait plaisir, la partie 3 sera bientôt rédigée également.
      Pour cette affirmation, c’est assez vaste, la page wikipedia résume assez bien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Division_du_travail. Sinon ce sont les livres classiques des Lumières : la fable des abeilles de Mandeville, l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Descartes avait déjà commencé avant par le discours de la méthode (séparer les problèmes en parties pour mieux les étudier, qui rompt avec la scholastique). En fait, en réalité ça a toujours existé contrairement à ce que certains peuvent laisser entendre (Ivan Illitch), mais ça s’est vraiment généralisé avec les penseurs des Lumières pour avoir une approche rationnelle des métiers, travaux et sciences et ainsi progresser en productivité, en production et donc en progrès social également.
      Thibault

      Aimé par 1 personne

  2. coupedestalus dit :

    Bonjour,
    je comprends, vous êtes un « productiviste »… Vous voyez des « lumières » ce qui aura fait émerger l’hyper-spécialisation du monde d’aujourd’hui avec toutes ses conséquences (positives, mais AUSSI négatives qui centrent les conflits politiques du monde actuel…). Pour ma part, ce n’est pas ce que j’avais retenu des lumières :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lumi%C3%A8res_%28philosophie%29
    « sur le plan scientifique et philosophique, les Lumières voient le triomphe de la raison sur la foi et la croyance ».
    Ainsi, en « triomphant », la raison n’a-t-elle pas entraîné une trop grande mise à distance de nos subjectivités, émotions, sensations, sentiments… enfin tout ce qui fait que nous sommes des êtres humains sensibles ?

    Comment retrouver les homéostasies à tous les niveaux (intra-humain, humain, inter-humain, biotope) ?

    N’est-ce pas en trouvant ensemble comment y parvenir que nous sortirons de nos clivages comme gauche/droite, écolo ou non… ?!

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    • Thiloup dit :

      Bonjour, merci pour votre commentaire.
      Je ne sais pas ce qu’est un « productiviste », je l’expliciterai au fur et à mesure de ce blog, mais les enjeux futurs sont nombreux : démographie avec 9 milliards ou 10 milliards de personnes. Il faut donc maintenir une activité agricole d’envergure et contribuer à ces équilibres (sans compter que nous augmenterons aussi de population). Par exemple, il faudra augmenter la production de blé de 44%, la viande de 18% ce qui n’empêche pas de réduire (si la population augmente la production reste stable et doit augmenter). Tout cela n’est pas incompatible avec la proximité et la qualité (les exigences sont déjà énormes en France, il y a beaucoup d’efforts), mais plusieurs systèmes peuvent coexister. Via l’agriculture de conservation (en lien de ce blog), l’agro écologie nous pouvons préserver les sols et l’environnement en doublant la productivité, cela n’empêche pas de continuer aussi à améliorer les variétés, à développer de nouvelles technologies plus écolo (l’agriculture moderne par exemple, de précision, les traitements à ARN en biologie moléculaire ce qui évite les pesticides, le bio contrôle par bactéries/virus…). Si le bio s’installe, que des gens renouent avec la nature en permaculture sur des fermes de 1h ou 4ha, tant mieux, mais il n’y a plus de modèle unique, la diversification, sera nécessaire. Pour continuer à garder notre place mondiale, pour nos emplois et activités, il faudra maintenir une production importante et l’augmenter. Tout cela sont des problèmes concrets, il ne s’agit pas de philosopher, le risque zéro n’existe pas et la science ne peut pas démontrer l’inexistence de dangers! Ce serait trop demander. Nous avons une approche bénéfices/risque, la seule qui est rationnelle pour avancer et minimiser les risques. Cet héritage des Lumières est indéniable, il a liberé des siècles de croyances et d’obscurantisme, d’enfermement communautaire. Nous sommes à 80 ans d’espérance de vie, celle-ci a encore augmenté en 2014, contre tous les catastrophismes des pesticides, pertubateurs, polluants dans la nature… Elle continuera et la médecine fait également d’énorme progrès. Tout n’est pas parfait, mais pour le moment je vois plus d’effets positifs que négatifs, voyez ce que c’était la vie dans le passé et les famines. En angleterre au 17ème siècle, on avait tué tous les chats contre la Peste par pure croyance, les rats ont explosé en population et la peste a tué encore plus de monde… Aujourd’hui on a ça aussi, avec des groupes « écolos » qui font tuer 500000 enfants en refusant des plantes modifiées consommées quotidiennement par ces gens pour combler des carences nutritionnelles . Je ne lis pas que Wikipédia, je vous ai donné les références des classiques, mais la raison est une démarche, c’est d’abord l’esprit critique, la méthode scientifique qui vous permet de supposer, d’expérimenter, et de valider. Ceci est REFUTABLE si vous apportez des preuves contraires avec la même rigueur, c’est justement toute la différence du dogme et des croyances. Ce n’est pas une opinion, ni une croyance, mais une vérité approximative qui s’enrichit continuellement avec de nouvelles connaissances. Je vous dis que oui, j’assume parfaitement le fait de préférer cette démarche à des croyances irrationnelles qui ne font que maintenir dans la pauvreté ou qui tuent… Les émotions ont valeur en privé, elles n’ont pas à s’appliquer dans le domaine de la nature qui est expliqué avec la nature (la science) de façon à avoir une connaissance objective. La sensibilité (débat actuel) est justement ce qui est partagé avec les animaux, et nous sommes plus que ça en terme de degré via la raison. Cette société postmoderne privilégie l’émotion justement, plus la raison, vous parlez d’une époque qui n’existe plus, et on voit ce que ça donne. C’est dangereux et démagogique, car l’émotion l’instinct ne fait plus réfléchir, on est dans l’instant et ces bas fonds ne sont jamais bons chez l’être humain…

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    • Thiloup dit :

      L’homéostasie est un terme biologique donc je ne vois pas trop ce que ça vient faire niveau sociologique. Méfiez vous des termes scientifiques appliqués à la vie sociale. Cela donne la sociobiologie qui est plus proche d’idées fascistes (car la biologie étudie des mécanismes déterministes, appliquée à la société cela rentre dans les visions de société d’extrême droite où chacun a sa place et le culturel n’existe plus). L’habit de termes scientifiques pour décrire la société est souvent proche des pseudo sciences (le darwinisme social ou la mécanique quantique très utilisée par les pseudo scientifiques dans les années 70). Avec tous ces défis, nous y arriverons à retrouver de la qualité et un équilibre avec l’écosystème, mais le développement n’est pas terminé pour la majorité des gens sur Terre. C’est le capitalisme financier qui empêche l’accès à ces ressources, pas la technologie et la Raison… Sinon, je suis d’accord avec vous sur le clivage, je milite pour une écologie scientifique donc pas naturaliste (d’où est originaire l’écologie populaire et politique, je ne déifie pas une nature pure), et je pense que droite ou gauche n’existent plus. Mais ici j’aborde plutôt des analyses rationnelles et scientifiques sur des sujets importants (alimentation, sciences du vivant, agriculture), je ne cherche pas à expliciter de la politique. L’idéologie ne se mélange pas avec la science, on ne fait que proposer des solutions que le politique peut utiliser. 🙂

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      • coupedestalus dit :

        L’homéostasie est un terme de science des systèmes complexes. Il est vrai que les systèmes biologiques en sont des exemples caractéristiques. Par exemple la marche d’un homme a cette propriété s’il n’est pas ivre, évidemment !

        Sur « la sociobiologie qui est plus proche d’idées fascistes », je peux au moins vous citer un contre-exemple en la personne de François RODDIER avec la thermo-bio-sociologie :

        https://framabee.org/?q=Fran%C3%A7ois%20RODDIER&categories=general

        Sur « écologie scientifique donc pas naturaliste », l’écologie est en effet une science. Cependant, l’écologie politique ne déifie pas forcément la nature… La science des systèmes vivants ne peut être QUE rationnelle… Le penser, c’est nier la condition humaine avec sa psychologie, sociologie… l’ensemble des sciences humaines et sociales qui ne sont pas DÉTERMINISTES !

        C’est pourtant un ingénieur qui vous le dit…

        Sur « droite ou gauche n’existent plus », ce n’est pas mon sentiment. La prochaine campagne électorale française risque de nous le rappeler…

        Attention à ne pas tomber dans le scientificisme ou le technologisme niant le vivant et la condition humaine !

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      • Thiloup dit :

        « Sur « la sociobiologie qui est plus proche d’idées fascistes », je peux au moins vous citer un contre-exemple en la personne de François RODDIER avec la thermo-bio-sociologie :
        https://framabee.org/?q=Fran%C3%A7ois%20RODDIER&categories=general » : je ne prétendais pas à une causalité, mais la discipline en soi est limite et peu scientifique. Les sociologies devraient éviter de reprendre des termes issues des sciences dures, c’est souvent naif et en fait ça ne comprend pas la théorie elle même.

        « Cependant, l’écologie politique ne déifie pas forcément la nature » : ça dépend, il y a des ouvrages intéressant à ce sujet. Mais effectivement, je dirais que ça reste à notre intuition première du vivant (fixiste, émotive, romantique) et la frontière naturel/artificiel. C’est cognitif.

        La science des systèmes vivants ne peut être QUE rationnelle… Le penser, c’est nier la condition humaine avec sa psychologie, sociologie… l’ensemble des sciences humaines et sociales qui ne sont pas DÉTERMINISTES !
        C’est pourtant un ingénieur qui vous le dit… : heu si il y a des modèles explicatifs déterministes en sociologie (Bourdieu et c’est bien documenté et expliqué). Et je n’ai pas dis le contaire de toute façon, les sciences humaines sont complémentaires et l’écologie est à la frontière de la biologie (études des intéractions entre espèces vivantes) et de la sociologie (dont notre intéraction avec ces espèces sont spécifiques).

        « Attention à ne pas tomber dans le scientificisme ou le technologisme niant le vivant et la condition humaine ! » Pour quelles raisons? C’est votre opinion, désolé moi pour avoir des faits sur ma santé ou la nature je m’appuie sur des choses validées et démontrées scientifiquement! Connaissez vous bien la notion de science? C’est toujours réfutables par la démarche scientifique. Et le vivant c’est accessible par la démarche scientifique par définition, ça s’appelle la biologie et toutes ses disciplines associées! a psychologie est une sciencce aussi si vous ne le saviez pas (neurosciences, psychologie clinique et comportementale) qui apporte des résultats reproductibles afin d’avoir des thérapies efficaces et cognitives! Et le technologisme pourquoi pas? C’est un avantage adaptatif de l’être humain, on est être de technique pour s’adapter à un environnement fluctuant. Je perçois une méfiance mais c’est votre avis, pas le mien.

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      • coupedestalus dit :

        Soyez sans crainte sur mes connaissances de la science et de la démarche scientifique. Un des éléments essentiels reste le doute. Dans cette page, il y a tellement de sujets qu’il est bien difficile d’y voir clair. Nous parlons de systèmes de systèmes complexes… avec le vivant et les sociétés… Je vois peut-être un peu plus que vous les dégâts occasionnés, même si les progrès que vous soulignez sont indéniables.

        Reste que c’est dans la pondération bénéfices/risques que se situent les enjeux actuels et futurs, car pour le passé, les dégats sont malheureusement faits et leurs auteurs ont bien du mal à l’assumer et à payer la note.
        Dans ces conditions, le principe de précaution s’impose.

        Je note que vous ne dites rien sur Mr Roddier.

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      • Thiloup dit :

        Le vivant est un système complexe en soi je ne vois pas ce que vous voulez montrer là dedans! « Je vois peut-être un peu plus que vous les dégâts occasionnés » ah bon en quoi? L’argument d’autorité n’a pas de valeur sur ce blog et vous n’en savez rien. , , « même si les progrès que vous soulignez sont indéniables » : je n’ai pas non plus dit qu’il n’y avait pas des effets négatifs…
        « Reste que c’est dans la pondération bénéfices/risques que se situent les enjeux actuels et futurs, car pour le passé, les dégats sont malheureusement faits et leurs auteurs ont bien du mal à l’assumer et à payer la note » : je suis pour cette approche, et donc? Qui dit le contraire? Raison de plus pour rappeler les avantages réels de tout ça!
        « Dans ces conditions, le principe de précaution s’impose : » No sequitur? Syllogisme? Je ne comprends pas cette conclusion, le rapport bénéfices risques est au contraire l’antagonisme du principe de précaution qui est un principe absurde. Il doit guider pour réguler et encadrer l’expérimentation, mais il ne peut pas entraver ni bloquer! C’est la responsabilité qui doit primer. La charge de la preuve est à celui qui affirme et la science ne peut pas montrer une inexistence, le risque O n’existe pas, il n’a pas à s’imposer. Les systèmes de transparence, le monde connecté permettent aujourd’hui de réagir plus rapidement à d’éventuels scandales et à anticiper.
        ur Mr Roddier c’est une personne, ça ne m’intéresse pas plus que ça. Une discipline est validée par un ensemble de personnes du même domaine, je me méfie des termes scientifiques transposés aux sciences humaines, on voit ce que ça donne à la finance pour le mathématiques : peu de science.

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  3. vigneron dit :

    Excellent boulot pédagogique Thiloup. En plein accord avec ta position.
    Sus aux multiples avatars crypto-heideggeriens (qui s’ignorent…), verts ou pas.
    Bravo pour ton debunkage de la polémiquette au HCB, éclairant.

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