Animal : derrière Antidote Europe la galaxie New Age et des médecines alternatives

singe_vih_vaccin_vignette_0Source : Recherche animale

Certains sujets sont peu médiatisés par rapport aux autres thématiques soulevées sur ce blog. Si on entend de plus en plus parler du véganisme et des actions militantes anti-élevage (comme je l’ai précédemment abordé avec L214), on parle moins de sa frange anti-expérimentation sur les animaux au sein de la recherche : le mouvement anti-vivisection ou de libération animale. Sa cause ne se limite pas aux cosmétiques, dont l’expérimentation peut être très discutable, il œuvre aussi bien pour supprimer toute possibilité d’étude sur modèle animal y compris la recherche fondamentale (et pas seulement les tests d’évaluation comme la toxicologie, les vaccins, les médicaments etc…)!

Ces organismes militants ont un lobbying extrêmement efficace au sein de l’Union Européenne et en France. Ainsi, ils sont à l’origine du durcissement des législations sur l’expérimentation animale qui a failli mener à sa quasi-suppression en 2015 grâce à l’initiative citoyenne STOP Vivisection). Derrière cette initiative fort peu « citoyenne » on retrouve de nombreuses associations, dont l’association ANTIDOTE EUROPE qui est souvent citée par les militants de la cause animale sur les réseaux sociaux pour faire valoir leurs arguments. Le Directeur interrogé systématiquement dans les médias se nomme André Ménache.  Dernièrement, une de leur dernière victoire a été  l’interdiction définitive de la dissection sur des vertébrés (Souris, Grenouille…) dans le secondaire jusqu’à la Terminale et au Baccalauréat.

Créée par des chercheurs issus du CNRS, Antidote Europe se présente comme une association à but non lucratif qui milite contre l’utilisation d’animaux dans le cadre de la recherche et de l’enseignement scientifique. Souvent, on cite ces cas de scientifiques anti-expérimentation animale comme caution pour susciter un débat sur ce sujet (dont je ne conteste pas la légitimité). Qui sont donc ces scientifiques qui luttent contre l’expérimentation animale? Sont-ils si nombreux?

Sous le vernis de l’argumentation scientifique pour justifier les méthodes alternatives (qui existent à 70% et sont imposées par la réglementation européenne des 3R), les raisons pour lesquelles agit cette association ne sont en fait pas les mêmes que celles des militants de la cause animale! Et on se demande bien s’ils ont bien lu leur site de référence en entier.

Après une visite de leur site en profondeur et pas seulement en ayant lu leurs publications scientifiques (dont je discuterai la valeur après), on se rend compte rapidement que c’est un fouillis de campagnes militantes, d’articles de (des)information, d’interviews dispersés et très peu d’articles de fond ou des enquêtes. On ne peut donc pas dire que ce site ressemble à un comité scientifique qui par définition va essayer de vulgariser et de d’exposer les connaissances sur le sujet et les faits de façon la plus objective possible sans justement dire ce qui est bien ou mal. Or le style des campagnes est plutôt de l’ordre du militantisme, et non de la science, on peut donc douter de sa fiabilité sur le terrain scientifique.

Mais c’est la page d’accueil qui commence à éveiller les soupçons où une vidéo présente l’association : https://www.youtube.com/watch?v=pgDHt72j2g4

Sur fond d’apocalypse et de complotisme (on nous ment sur la sécurité sanitaire des aliments, des médicaments, des molécules chimiques, en qui peut-on avoir confiance?) dans un style très messianique (André Ménache est filmé selon une mise en scène assez étrange), on comprend le but de cette association. Ainsi la raison première n’est pas l’arrêt de l’expérimentation animale pour la cause et l’éthique des animaux (qui est celle de nombreuses associations militantes comme Code Animal et les primates du centre de primatologie de Strasbourg), elle est écologiste New Age anti-chimie (médicaments, additifs, soupçons sur l’alimentation industrielle) pour jeter le discrédit sur les centaines de molécules chimiques, médicaments et aliments dont l’évaluation est validée par l’expérimentation animale!

Le ton est donné, André Ménache nous avertit sur les 300 molécules chimiques présentes dans notre corps et supposées dangereuses car l’expérimentation animale a été inefficace pour prouver leur dangerosité (lesquelles?  Aucune source n’est trouvable après recherche). On insiste ensuite sur la préservation des générations futures (ça ne vous rappelle rien…) et de notre santé. L’expérimentation animale est donc ici totalement instrumentalisée et sert de prétexte aux campagnes anti-chimie, anti-pesticides, perturbateurs endocriniens et même aux OGMs . Pour le bien être animal on repassera, d’ailleurs il n’est jamais mentionné sur le site. Un discours qui pourrait même être qualifié de spéciste... Trois graphiques interpellent aussi : ils prennent des chiffres de l’INVS sur l’obésité, Alzheimer et même…l’autisme faisant des extrapolations sur 50 ans ce qui laisse sans voix (les chiffres ont l’air faux la prévalence étant bien établie et si elle augmente c’est parce qu’on commence à les prendre en charge en France!). On reconnaît là les arguments des cercles anti-vaccins accusant les molécules chimiques d’augmenter l’autisme.

Elle rajoute qu’elle œuvre notamment pour une meilleure prévention en matière de santé humaine, informe sur le danger d’utiliser les données issues de l’expérimentation animale, et fait la promotion de méthodes plus modernes et plus fiables, notamment dans son domaine d’expertise qu’est la toxicologie. Mais qu’est ce qu’un expert au juste?

Déformée parfois par les « experts » qu’on peut voir dans les médias, cette notion a pourtant un sens précis : scientificité (hypothèses testables par une expérimentation scientifique et protocole), analyse (taux d’erreur de la théorie fournie), validation (sa théorie a été appliquée?), consensus (sa théorie est vérifiable et validée par le consensus scientifique établi à partir de centaines voir de milliers d’études sur la même théorie), diplôme reconnu dans sa spécialité, publications régulières et reconnues   par les pairs(en peer review c’est à dire que tout est relu par des experts du même domaine de spécialité, institutions prestigieuses, revues à fort impact ou au moins un impact moyen).

Ce n’est donc pas quelqu’un qui, bien que scientifique, va être le tenant d’une théorie qui ne correspond pas à ces critères. Un débat scientifique n’est pas un débat d’opinions et de politique où on mettrait au même niveau de temps de parole la personne en dehors du consensus scientifique. Pourtant ce sont souvent les médias qui agissent de cette façon, voir Olivier Galzi qui avoue donner la parole à tout le monde au sujet du changement climatique. On ne peut donc guère s’étonner que de plus en plus de citoyens soient méfiants vis-à-vis de l’expertise, qui croire puisque on vous présente à égalité le pour et le contre sur un sujet technique et scientifique? « La vérité est sans doute au milieu » dira t-on alors, or en sciences, il y a souvent du vrai et du faux et ce n’est pas un « entre deux ».

Le site est aussi très peu transparent et normalement toute publication indique le domaine de recherche du chercheur, son lieu de travail, les financements de l’étude  (lien d’intérêts) et ses conflits d’intérêts éventuels avec déclaration obligatoire à l’éditeur de la revue). Les articles traitant des faiblesses de l’expérimentation animale pour les tests d’évaluation sont très difficiles à lire, ils ne comportent souvent aucune sources, aucun auteur n’est mis en valeur et ses fonctions non plus. Sur quelques rares articles on comprendra que ce sont Messieurs André Ménache et Claude Heiss qui sont les principaux contributeurs. La vidéo montre deux militantes, mais on peine à trouver d’autres scientifiques français sur ce site. Ils interrogent ainsi quelques médecins, chercheurs anglais et allemands pour l’action européenne. On doute ainsi de l’assertion déjà entendue « de plus en plus de scientifiques sont contre l’expérimentation animale ». Et en plus ces deux anciens chercheurs semblent être à la retraite!

Leur expertise porte uniquement sur la toxicologie. En vérifiant les critères d’expertise, on peut vérifier facilement les publications d’un chercheur ou son appartenance sur Google Scholar ou dans une Recherche PUBMED. On peut ainsi chercher leurs publications.

Et là surprise! On apprend que Mr André Ménache, vétérinaire et zoologiste de formation n’a pourtant quasiment aucune publication en ligne en relation avec sa spécialité. Il a publié deux méta-analyses sur la pertinence de quelques modèles dans les revues adéquats à moyen impact. Mais il n’a par exemple aucune publication portant sur un sujet scientifique utilisant de l’expérimentation animale (neurologie, virologie, neurosciences, toxicologie), on est en droit d’attendre d’avoir une expérience au moins d’expérimentation animale ce qui éviterait de dire que les animaux sont torturés pour la recherche fondamentale. Ses publications dans ces domaines font uniquement appel à des méthodes alternatives, mais deux sont publiés dans une revue inconnue ici et   : aucun impact, absence d’un comité de relecture, et on apprend qu’il faut payer pour être publié en open access. Il s’agit fort d’une revue prédatrice qui publie tout et n’importe quoi. Cela décrédibilise ainsi le peu de travaux qu’il a pu mené sur le sujet. Un tour sur PUBMED donnera d’autres liens, mais aucune publication n’est accessible

Le deuxième chercheur Claude Reiss, présenté comme ancien chercheur en biologie moléculaire et en génétique a déjà un background plus fiable et sérieux. Sauf qu’en fait il est surtout physiciens de formation alors qu’il se présente comme toxicologue. On trouvera seulement sur les deux premières pages des publications un travail en relation avec la génétique moléculaire. On peut comprendre ses positions sur l’expérimentation animale mais il a exercé dans un domaine qui permet déjà des méthodes alternatives (cultures cellulaires, tissus). On ne peut donc pas dire qu’il soit expert de la biologie et donc des systèmes complexes incluant plusieurs niveaux  nécessitant l’expérimentation animale (système biologique entier incluant organes, communication entre elles, processus de régulation avec homéostasie et les rétroactions etc). Quoiqu’il en soit vu la vidéo, on comprend qu’il soit du même courant que André Ménache : un partisan du naturel anti-chimie jetant la méfiance sur les substances chimiques commercialisées actuellement.

Quant à ses publications en co-auteur avec André Ménache, elle porte précisément sur une nouvelle évaluation des molécules chimiques et des pesticides sans expérimentation animale. De même, il s’agit d’une revue à 0 impact et inconnue au bataillon.

Les chercheurs étrangers sont cités mais on ne relève pas énormément de personnes mise à part la puissante association allemande des médecins anti-expérimentation animale. Les coauteurs sur une autre étude étudiant l’impact des molécules chimiques sur les cellules neuronales ont aussi quelques publications dans les mêmes revues à faible ou moyen impact que nos deux auteurs.  Enfin, leurs interviews sont assez clairs : la plupart de ces scientifiques étaient convaincus dès leur adolescence (ils se disent militants et végans depuis toujours). Ils ont donc choisi une carrière scientifique en voulant absolument éviter l’expérimentation animale et en consacrant leurs recherches aux alternatives. C’est très bien et très louable car il faut essayer d’en chercher. Mais de là à dire qu’on peut s’en passer totalement, ce n’est pas vrai. C’est un exemple typique de biais de confirmation et d’un engagement militant et biaisé.

Des raisons détournées pour quel but au final?

S’il semble plus facile selon eux de montrer l’innocuité ou la toxicité de telle ou telle molécules chimiques sans expérimentation animale, au vu de leurs campagnes on peut légitimement s’interroger sur leurs intentions réelles. Les études sur les perturbateurs endocriniens, les pesticides relèvent de la toxicologie (dont ils revendiquent l’expertise et on a vu que ce n’est pas vraiment le cas), or l’analyse des doses ne suffit pas. Il y a aussi une évolution sur le long terme à étudier notamment car un organisme vivant entier a des mécanismes de détoxification, de régulation d’homéostasie et il faut donc de l’épidémiologie pour cela et des cohortes sur le long terme. Si on peut déjà évaluer ces expositions sur les humains, avant de commercialiser une substance ou de réévaluer la toxicité d’une molécule (comme le Bisphénol A), on va avoir besoin du modèle animal pour au moins avoir cette évolution sur le long terme. Un paramètre sera donc étudié dans des conditions contrôlés et déterminera une tendance. Ainsi, le trempage d’une cellule dans la solution de la molécule (qui ne correspond pas aux doses réelles d’exposition en condition in vivo, et ne prend pas en compte le long terme) ne suffit absolument pas. Et d’ailleurs, on se demande bien pourquoi l’article sur les OGms défend…Séralini, le trublion bien connu des études controversées sur les OGms. Alors qu’elles ont toutes été réfutées par l’ensemble des agences mondiales, les scientifiques et le consensus scientifique sur le sujet. Comme par hasard (mais pas de causalité), ses différentes études jugées peu fiables et reproductibles portaient sur l’exposition de cellules au round-up. L’article à totalité complotiste (censure, on veut étouffer l’efficacité des méthodes alternatives), nous donne la preuve définitive du peu de crédibilité scientifique de ce comité. Et au fait il n’est pas mentionné que dans son étude médiatisée Séralini avait laissé des rats avoir des tumeurs de 25% de leur poids alors que c’est limité à 10%, ce fut donc une véritable torture.

Et si la simplification de ce genre de test d’évaluation permettait ainsi de confirmer la substance nocive de toutes les molécules chimiques incriminées par manque de preuves sur un organisme entier? C’est une hypothèse qu’on peut poser. En tout cas, contrairement à leur mot d’ordre annoncé sur leur page, tous les autres articles ne s’arrêtent pas à la toxicologie. Ils sont bien là pour demander la fin de l’expérimentation animale en recherche appliquée ou fondamentale (neurologie, neurosciences, virologie). En manque d’arguments sourcés, ils ont dernièrement relayé l’article le plus argumenté en la matière de la neurophysiologiste AYSHA AKHTAR. Il est vrai intéressant et soulève à peu près tous les points défendus par les militants : proximité génétique insuffisante, exemples des vaccins contre le sida qui n’ont pas fonctionné sur le modèle primate, tests de médicaments inefficaces (comme le dernier exemple en date, le drame de l’essai clinique de Biotrial, on peut d’ailleurs dire aussi que grâce à l’expérimentation animale on a éviter un impact plus fort en atténuant les variations).

Mais sans être expert en toxicologie et ayant une formation en biologie, je ne comprends pas pourquoi ces erreurs et quelques mécanismes non-équivalents entre l’humain et l’animal peuvent remettre en cause le modèle animal. Il semble évident que tous les mécanismes ne sont pas les mêmes, qu’il y a encore beaucoup de choses incomprises, y compris sur l’humain. Cela ne fonctionne pas sur certains, mais pour d’autres si, pourquoi a-t-on tant de médicaments et de vaccins qui fonctionnent grâce à l’expérimentation animale? De même, on observe que les variations entre différents modèles et espèces valent les variations entre les humains ce qui compense les différences (voir sources plus bas).  Demander la fin de l’expérimentation animale suppose qu’on connaît déjà tout sur l’humain, or il y a des exemples montrant que l’inverse peut être vrai aussi où des recherches sur l’humain donnent lieu à des découvertes sur les animaux. On sait que les différents niveaux (de la cellule aux systèmes) ne sont pas encore connus et dès qu’ils le sont on les incorpore aux protocoles expérimentaux pour suivre toujours l’application de la Directive 3R (remplacer, réduire, raffinement). Tous les prix Nobel de médecine font intervenir l’expérimentation animale (voir lien CNRS et explication). Par ailleurs, on oublie que l’expérimentation animale sert à aussi à tester des médicaments vétérinaires pour les animaux en question. Ces vétérinaires de formation n’auraient donc plus de métier! C’est aussi une vision très utilitariste où on extrapole la toxicologie à la recherche fondamentale, l’expérimentation animale concerne 8% de la toxicologie, les modèles utilisés sont minoritairement des animaux domestiques ou des primates. Ce n’est pas non plus uniquement pour concevoir des vaccins ou des médicaments, c’est aussi pour découvrir des mécanismes de diffusion de pathogènes, de virus, d’évolution d’une maladie neurodégénérative (les prix Nobels en question). C’est donc malhonnête de partir de la toxicologie en extrapolant le combat à toutes les expérimentations animales.

Enfin, en regardant les « organisations amies »,c’est à dire où Mr Reiss et Mr Ménache ont présenté leur « travail » sur l’évaluation des pesticides sans animaux, le voile tombe un peu plus : il est cité l’alliance pour la santé, c’est à dire le lobby des médecines alternatives et de la liberté thérapeutique. Tout y est sur leur site : pétition de l’anti-vaccin et militant catholique traditionaliste Henri Joyeux, des livres anti-vaccins de naturopathie, de bénéfices des médecines complémentaires et même un congrès mondial sur l’autisme parlant de dogme de la génétique (alors que c’est un sujet en recherche). Les thématiques chères aux pseudo-sciences sont toutes réunies… On ne sera pas ainsi étonné de retrouver l’ineffable association Générations Futures qui tient un discours anxiogène et de peur bien connu contre les pesticides, on se souvient de leurs études non significatives sur les salades.

En résumé :

Sous prétexte de défendre la cause animale (louable et le bien être animal doit être un sujet de recherche pour améliorer de façon continu les protocoles), cette association fort peu scientifique la détourne pour du militantisme anti-chimie. Il semble fort que ce soit la caution du New age et des médecines alternatives. Mais après tout on comprend mieux que sans expérimentation animale, il sera difficile dans les connaissances d’aujourd’hui de valider les vaccins, phytosanitaires, OGms et autres molécules chimiques…. Il va sans dire que déjà 70% des étapes de recherche sont remplacés par les modèles in silico ou un ivo et il y a beaucoup d’innovations de ce coté, mais ça réduit et ça remplace, ça n’élimine pas totalement. Plus les mécanismes seront compris plus on améliorera au fur et à mesure les protocoles et on se passera alors d’animaux, c’est encore trop tôt.

NB : Un débat intéressant sur ce sujet où on retrouve Claude Reiss, des chercheurs et le GIRCOR (qui n’est pas le lobby de l’expérimentation animale mais un groupe de réflexion, il se contente de communiquer sur la réglementation existante et montre des recherches fructueuses grâce au modèle animal) est disponible. Sur France Inter également avec un des responsables Ivan Balansard. Par comparaison, on remarque que lui est cité dans les publications traitant au primates et s’occupe d’une animalerie au CNRS de Marseille.

 

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A propos Thiloup

Ingénieur agronome urbain, j'ai été plongé dans le bain de la campagne et du jardinage dès mon plus jeune âge dans le Limousin. Critique par rapport aux croyances de notre temps, j'essaye d'analyser des sujets de société relatif aux sciences du vivant en justifiant au mieux mes affirmations.
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