Une contribution pour l’agriculture au débat de la présidentielle

En cette période d’élections présidentielle, l’agriculture ne figure soit pas dans les débats , soit est présentée comme négative avec l’image de « l’agriculture intensive et chimique » et des pesticides (tous les candidats de la gauche avec des degrés plus ou moins caricaturaux). Tous les candidats excepté François Fillon ne jurent que par le bio, le local et les circuits courts sans jamais s’interroger sur la pertinence économique et environnementale de tels modèles pour une agriculture aussi diversifiée que la France. La dimension scientifique et technique de l’agriculture est totalement occultée : on glorifie  la « révolution numérique, la « rupture technologique » des énergies renouvelables, mais on ne parle jamais de l’innovation et des technologies dans l’agriculture. Pire, certaines à l’image des biotechnologies végétales sont diabolisées, la robotisation, la « climate-smart agriculture » est vu par certains comme un moyen d’augmenter les pesticides. La figure du paysan qui est en fait un agriculteur-entrepreneur n’a jamais été aussi bien formé (44% font des études supérieures) avec des compétences scientifiques et technique (climat, agronomie, mécanique, entrepreneur). Pourtant, le paysan est encore vu de façon romantique comme quelqu’un grattant la terre dans une petite exploitation traditionnelle, ou comme un pollueur arriéré dans une ferme usine au pire.

Tous les discours politiques français en fin de compte traitent l’agriculture comme une « exception » et la rejettent hors du reste du monde technologique et économique.

Alors oui l’agriculture fournit un besoin vital : la nourriture, mais si les expériences de nationalisation et de « Bien commun » avaient fonctionné dans l’Histoire, cela se serait vu. Il y a eu malheureusement de nombreuses victimes. Oui c’est un besoin vital et stratégique (l’indépendance alimentaire est au centre des enjeux géopolitiques), mais l’agriculture fonctionne mieux de façon décentralisée en étant organisée en filières privées au service de la société. Ce sont aussi des citoyen.nes qui la font et ils/elles n’en sont pas moins responsables que les autres :  ils ont besoin de manger, le bien commun n’est pas qu’étatique.

Pourtant encore aujourd’hui, dans la classe politique française, il existe cette envie inavouée d’en faire une exception nationale (ou nationaliste). On le voit encore dans la dernière loi contre l’accaparement des terres qui renforçait le pouvoir des SAFER (agences immobilières monopolistiques qui sont régulièrement dénoncées pour dérives) , elle a été censurée en partie par le Conseil Constitutionnel car elle piétinait le droit de propriété et la liberté d’entreprendre. D’ailleurs, cette politique protectionniste se confond parfois avec la peur de l’étranger; ah ces méchants chinois pollueurs qui viennent acheter des vignobles ou des usines de lait… Pas une seule fois, on ne citera leur intérêt pour la culture française et le bon vin, pas une seule fois on ne dira que la Chine n’a pas les ressources en terre arable pour nourrir sa population immense et qu’elle est obligée d’en acheter à l’étranger (sécurité alimentaire encore une fois). S’il y a d’autres contextes en Afrique, qui peut croire qu’un pays comme la France pourrait se faire dominer? Ce sont plutôt eux qui sont en position de faiblesse pour un phénomène qui ne concerne au maximum qu’un 1% des terres en France : 1% mérite-t’il de sacrifier la liberté d’entreprendre et donc les investisseurs français également pour les 99% autres?

La nostalgie caricaturale d’une agriculture collectivisée est incarnée en Jean-Luc Mélenchon et chez certains écologistes (je l’ai entendu de la bouche de certains employés d’agences régionales), mais elle figure bien dans toute la classe politique à des degrés plus ou moins softs.

Alors que ce modèle subventionné et très administré est en crise par une ouverture progressive aux marchés mondiaux (et l’évolution de la PAC), nous nous trouvons entre un entre deux : l’agriculture souffre de la réglementation, d’une organisation corporatiste empêchant un juste prix et des règles économiques très encadrées dans un contexte concurrentiel avec de moins en moins d’aides. Comment s’étonner alors d’une crise économique de cet ampleur? De mauvais choix dans les filières (viande de qualité et valorisation des races locales) dûs à l’absence d’offre et de demande? Des cultures paysannes  disparaissent ainsi dans l’indifférence sans qu’aucun politique ne parle des enjeux réels pour l’avenir. L’avenir parce que la production alimentaire n’est pas terminée et on ne peut pas uniquement se focaliser sur les enjeux environnementaux! La population française va croître de 15% et la population mondiale atteindra 9 milliards en 2050.

Au dernier Salon de l’agriculture, les visiteurs ont placé en premier trois préférences  : produire durablement de la nourriture de qualité et avec du goût. Or ces objectifs sont majoritairement des acquis de la révolution verte depuis 50 ans! Jamais on n’a aussi bien mangé qu’aujourd’hui avec une diversité de produits et une qualité sanitaire irréprochable. On avait des milliers de morts d’intoxication alimentaire en 1960 contre quelques centaines aujourd’hui et les alerte sur les pesticides ne font que baisser. Certes, le goût n’était pas la priorité et il est plus complexe à prendre en compte, mais désormais il est pris en compte dans les programmes de recherche.  Les prochaines biotechnologies permettront de s’y attaquer en activant ou inactivant des gènes pour augmenter certains composés bénéfiques.

Les questions économiques ont été reléguées au second plan, pourtant les techniques sont en route et se feront pour répondre à ces demandes variées : l’enjeu est d’avoir une politique économique ambitieuse pour l’agriculture. Le choix des modèles de production et de distribution sont l’affaire des consommateurs et des citoyens tirant la demande pour les producteurs et les industriels.

Un contexte en crise et sous de multiples contraintes :

Les enjeux d’ici 2050 sont en effet nombreux et ambitieux, il s’agit en fait de répondre à la question : Comment augmenter la production agricole et alimentaire en quantité et qualité suffisantes pour répondre aux besoins de la population mondiale en pleine croissance de manière durable, tant au niveau économique, que social et environnemental, et dans le contexte du changement climatique ?

Il reste donc à préciser les différents moyens pour y arriver en oubliant pas les modèles économiques.

L’agro-écologie est l’équivalent de « sustainable intensification » au niveau mondial et en anglais c’est-à-dire l’agriculture écologiquement intensive. Le choix des mots est d’ordre pédagogique, elle repose sur ces principes :

-Produire plus, mieux, de qualité des produits alimentaires et non-alimentaires avec un coût abordable dans des filières spécialisées et mondialisées.

-L’accès à une eau de bonne qualité et à coût réduit par la protection et la prévention en amont plutôt que le traitement des eaux.

-Préserver la biodiversité dans les paysages et les parcelles cultivées : Le Sol est reconnu en tant qu’écosystème a une place centrale pour remplacer ou substituer des intrants par la gestion de la matière organique et la biodiversité du sol. Il s’agit aussi de diversifier les cultures et de développer de nouvelles activités (espèces cultivées, arbres, essences, énergies renouvelables).

En conclusion, il s’agit d’arriver à une triple performance économique, sociale et environnementale.

Mais il s’agit de savoir quelles seront les méthodes (robotisation, machines adaptées au non-labour, génétique, aménagements écologiques, type de variétés, rôle de l’élevage, l’organisation à l’échelle du territoire) pour y arriver.

Par exemple, les légumineuses et les couverts végétaux pour réduire les engrais et diversifier les rotations ont aussi besoin d’irrigation et même de phytosanitaires supplémentaires. C’est donc des systèmes complexes et variés et il n’y a pas de réponse unique : tout dépend du contexte local. Dans ce système, les variétés performantes, les nouvelles molécules chimiques à faible impact écotoxique, l’irrigation et la robotisation ont toutes leur place car ils permettent une gestion la plus optimale possible sans rien s’interdire.

Perspectives d’évolution technologique de l’agriculture :

L’agriculture est un secteur aussi innovant que les autres et on a tendance à la traiter en « small is beautiful ». Il n’y a pas à rougir des développements technologiques comme la robotisation ainsi que les biotechnologies : la biologie moderne a accumulé énormément de connaissances, il serait absurde de refuser les avancées scientifiques alors qu’on les accepte sans même s’interroger sur l’éthique/impact sanitaire pour la voiture, l’énergie ou l’électronique…

1)En premier lieu il s’agit de viser l’optimisation dans l’utilisation des intrants, la durabilité est à l’opposé du gaspillage. Par exemple, en production laitière on a les moyens de valoriser tout le cycle de production et pas seulement le lait en y intégrant la production de biogaz et de valoriser les sous-produits. On peut aussi réfléchir à transférer des propriétés intéressantes de plantes comme le métabolisme du maïs aux autres plantes (optimisation de la photosynthèse) ou bien la capacité de fixation d’azote des légumineuses via les biotechnologies.

-D’autre part, il y a une crise de compréhension de l’agriculture via une urbanisation grandissante. Ainsi, il reste à encourager le développement de la communication entre agriculteurs et consommateurs pour connaître le métier et les contraintes agricoles. Il faut que la société soit consciente que tout choix dans l’agriculture a un coût. Si on veut voir des vaches dans un pré, il faut savoir que cela a un coût environnemental et être prêt à le payer.

Cette urbanisation oblige à un nouveau contrat entre la société et les agriculteurs : de nouveaux modes de financements, de production et de distribution se créent (AMAP, plateformes numériques, crowfunding) donnant lieu à l’agriculture urbaine, aux microfermes urbaines où à des nouveaux modes de vivre-ensemble avec la nature (jardins partagés, cultures en ville). De nouveaux marchés pourront ainsi se créer et fournir à une population urbaine des produits variés et locaux.

-Les débats sur l’étiquetage nutritionnel soulève l’importance de l’information du consommateur pour ses choix, mais la fiscalité comportementale ou l’incitation paternaliste n’a pas toujours des effets escomptés . L’éducation à la nutrition et au goût à l’école est essentielle pour avoir de vrais choix. Dans ce domaine d’ailleurs, la génétique et la connaissance du microbiote intestinal va aussi avoir un rôle via la nutrigénomique qui est la nutrition personnalisée des humains et aussi des animaux; elle peut relier le producteur au consommateur par le biais d’une technologie d’étiquetage.

La  numérisation des sols, des pratiques agricoles, des écosystèmes et des données sur les plantes vont aussi apporter les moyens d’avoir des pratiques agricoles optimales.

La nouvelle génétique (gene editing) ne produit pas forcément des ogms, mais peut par l’utilisation de biotechnologies activer par exemple les gènes dormants d’une tomate en améliorant ses propriétés nutritives. Elles apporteront aussi des réponses pour la résistance aux maladies ou aux insectes, la réduction de l’utilisation d’eau et des engrais. En viticulture où on utilise 20% de tous les volumes en phytosanitaires, les vignes résistantes sont par exemple un bon moyen de réduire massivement leur emploi.

C’est pourquoi il n’y a pas à opposer agriculture et environnement  car elle est ancrée dans ces préoccupations, et on voit aussi que la compétitivité nécessaire à l’agriculture française peut aussi faire appel à l’agro-écologie pour baisser ses charges. Ce n’est pas qu’une question de normes et de charges sociales même si le poids de l’Etat peut aussi avoir une influence sur le coût de production. Cette agro-écologie est aussi multiple et recouvre différents systèmes agricoles comme les microfermes.

2) Ces techniques se feront de toute façon, il s’agit surtout de les intégrer en redonnant toute sa place à l’offre et la demande par plus de marché.  Les politiques devraient ainsi se concentrer a) sur la place économique de l’agriculture française et de l’agroalimentaire  pour reprendre des parts de marché à l’export (on a perdu beaucoup en 15 ans), b) rendre une certaine compétitivité économique à tous les agriculteurs français et c) mettre moins de concentration monopolistique dans les filières en autorisant les agriculteurs à s’organiser. Le développement d’une agriculture locale et plus proche du consommateur (circuits-courts) se fera aussi car cela correspond à un marché dans les zones périurbaines. De même, ce développement de modèles différents n’est pas antinomique à plus de libertés économiques. Mais cela ne peut pas être une solution à moyen terme pour la majorité des agriculteurs ni par rapport à une population urbanisée qu’il faut nourrir.

Il ne faut pas oublier que le prix reste important pour une majeure partie des français et qu’on compte encore 9 millions de pauvres, les demandes des consommateurs doivent donc concilier de multiples paramètres et on ne peut réduire cela au bio où au bien-être animal. C’est pourquoi l’agriculture productive a tout son sens et sa place.

L’agriculture française semble donc aller dans deux directions : l’amélioration du bilan environnemental de son agriculture productive et d’export et le développement de l’agriculture de proximité ou alternative.

Quelques propositions :

Les programmes détaillés sont finalement peu utiles car ils seront ajustés avec toutes les réalités du terrain qu’on ne peut pas connaître dans leur ensemble. tous ces éléments et les enjeux détaillés ci-dessus permettent déjà d’inspirer une politique agricole conséquente. C’est donc non exhaustif :


Relancer la recherche publique dont l’agriculture (agronomie, écologie, génétique, élevage) en donnant à la fois des crédits stables pour tous les laboratoires (y compris ceux plus marginaux comme la sélection participative et les microfermes) et par projets d’envergure pour mettre en œuvre les connaissances déjà accumulées (il y en a en fait depuis 30 ans à l’INRA!) de façon opérationnelle. La recherche ne peut pas être non plus que top down car les expérimentations sont souvent faites dans des conditions hors réalité économique (seul Ecophyto innove un peu avec son réseau de fermes). On manque cruellement de références techniques agronomiques : il faut via la numérique organiser la diffusion des connaissances et la collaboration directe avec les agriculteurs.  La recherche pourrait par exemple recenser les pratiques innovantes sur le terrain et les évaluer dans le but de les transférer plus rapidement.

Continuer et amplifier la numérisation de toutes les données utiles et en libre accès pour optimiser les charges et les pratiques agricoles tout en informant les centres de recherche de l’utilisation des phytosanitaires pour étudier plus précisément leur impact sanitaire et environnemental.

Il manque un cadre légal basé sur les preuves et indépendant des jugements sur les techniques utilisées. La transition agro-écologique serait efficace au meilleur coût économique et social si elle incite à des systèmes aux meilleurs impacts environnementaux. C’est le cas par exemple de l’agriculture intégrée, raisonnée et de conservation (non labour et semis direct). La production biologique est indispensable comme laboratoire de l’agriculture durable et pour protéger la ressource en eau, mais elle peut en moyenne avoir moins de performances environnementales que ces systèmes intermédiaires. Il faut favoriser plutôt les pratiques et une politique d’alimentation en amont (par exemple nutrition des animaux en oméga3 ou raisonner sa consommation de viande) pour améliorer l’impact environnemental des régimes alimentaires plutôt qu’être figé dans un système particulier.  Un cahier des charges bio peut être moins optimal car limité en termes d’usages.

Les paiements environnementaux sont un moyen de valoriser ces pratiques écologiques si elles restent volontaires et dans les zones sensibles, sinon on risque d’avoir les mêmes effets que pour les subventions.

Permettre le développement économique de l’agriculture de proximité via les circuits courts  pour revaloriser des territoires délaissés. Certaines formes d’agroécologie plus low-tech  comme les microfermes sont  une chance et méritent une consolidation. On doit protéger les terres agricoles de l’urbanisation, mais ceci peut peut être s’expliquer par le contrôle excessif du foncier et le système très encadré qui conduit à des arrangements entre élus, urbanistes et SAFER… L’installation des jeunes doit être garantie avec une bonne fiscalité et les surfaces minimum d’installation pourraient être assouplies. Ce n’est pas aux pouvoirs publics (par l’aval du préfet) de dire ce qui serait rentable ou non, c’est à la responsabilité de l’agriculteur d’anticiper son modèle économique, qui imaginerait qu’on dirige cela pour tout autre type d’entreprise?

-Au niveau économique, la PAC pourrait se concentrer sur le a) développement des territoires pauvres ou en handicap naturel, b) sur l’environnement (avec le renforcement des paiements environnementaux), c) une politique alimentaire et de nutrition (à l’image du PNNS en France pour financer l’éducation au goût) et d) sur l’intervention en cas de crise via des aides contracyliques et un système assurantiel. Mais, le temps des aides publiques et des subventions doit se terminer car les conséquences au niveau international sont nocives comme pour l’agriculture africaine. La liberté d’organisation des producteurs doit par contre être permise pour négocier les prix et les lois LME/Raffarin pourraient être révisées, il n’est pas normal de conserver des monopoles à l’abri de la concurrence mondiale dans la grande distribution et un marché aussi faussé.

La révulsion face aux « fermes usines » est dangereuse car elle s’oppose finalement aux intérêts des petites exploitations. Dans une logique d’économie d’échelle et de concurrence internationale, il est plus sage de confier les produits moins chers et standardisés (mais de qualité grâce aux normes et nouvelles pratiques) à de grandes exploitations et de favoriser la montée en gamme des petites exploitations pour gagner en qualité et conquérir certaines demandes des consommateurs. Il est suicidaire (malheureusement) de continuer à favoriser des fermes de 50 ha en leur disant d’être compétitive sur le marché mondial alors qu’elles ne font pas le poids. Il faut faire en sorte qu’elles se reconnectent au consommateur et au marché (viande de qualité par exemple avec races mixtes). On ne gardera ce modèle familial (quel politique dirait de sauvegarder l’entreprise familiale d’ailleurs?) que si on fait preuve de pragmatisme en autorisant l’investissement sur des grandes fermes mais qui sauvent l’activité de toutes les autres dans un département. Et un peu de liberté : tant que ces fermes respectent les normes et n’ont rien à se reprocher au niveau environnement (il existe des contrôles déjà assez tatillons), laissons les tranquille!

Les conflits d’intérêts dans les filières (corporatisme, plusieurs casquettes en même temps) pourraient être aussi interdits. Mais il ne faut pas oublier que les marges de la grande distribution restent tout de même raisonnables, le problème est bien le prix payé faussé par une administration excessive. Assouplir l’ensemble du système administré et songer à en finir avec une planification excessive à plusieurs échelles (départemental, régional etc, foncier) parait une nécessité. Les terres agricoles peuvent être protégées par une loi et une taille critique, mais une intervention trop régulière est nuisible.

-Le conseil agricole doit être aussi indépendant (un conseil véritable est la maximisation de l’intérêt de l’acheteur et non du vendeur) et concurrentiel pour faire émerger des innovations et des nouvelles pratiques, il y aurait donc à réformer les chambres d’agriculture dans cette perspective.

Repenser une fiscalité qui ne soit pas punitive au niveau environnemental, mais qui puisse internaliser de façon juste les coûts sociaux et environnementaux des choix des agriculteurs. Pour cela, il y a une perte d’expertise en France sur l’économie des exploitations qui ne permet pas d’avoir des connaissances suffisantes pour raisonner l’optimisation des charges (et donc la diminution des intrants) à l’échelle de la ferme. La fiscalité tout en étant favorable au foncier devrait aussi éviter les charges structurelles en décourageant l’investissement à des bonnes périodes (qui plombe ensuite les années difficiles).

En conclusion, l’agriculture française en 2017 est confrontée à son avenir et à des choix douloureux ou optimistes qui décideront de sa forme dans les 10 et 20 ans à venir. Une majorité des politiques proposent une conversion au bio et au local sans mesurer les conséquences de tels choix généraux et trop verticaux, d’autres proposent simplement un ajustement à la marge en permettant le déploiement des progrès scientifiques sans changer le système économique trop verrouillé et encadré.

Ces réflexions personnelles essayent d’inspirer et de concilier ces deux voies pour  faire entendre une autre musique sur l’agriculture en faisant le choix de l’entreprise, en valorisant le statut du paysan-entrepreneur voire chercheur pour redonner envie aux jeunes de s’installer. En fin de compte, c’est une modeste contribution au débat pour une agriculture diversifiée et durable, petite ou grande ancrée dans la culture gastronomique française et qui se valorise à l’international.

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A propos Thiloup

Ingénieur agronome urbain, j'ai été plongé dans le bain de la campagne et du jardinage dès mon plus jeune âge dans le Limousin. Critique par rapport aux croyances de notre temps, j'essaye d'analyser des sujets de société relatif aux sciences du vivant en justifiant au mieux mes affirmations. Il y a aura peut être un peu de politique aussi sur ce blog et donc vous pourrez voir aisément les articles en ce sens pour les différencier des articles de fond sur un sujet.
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